On ne vous a pas tout dit : intimité et réseaux sociaux

Mis à jour : mai 22

Quelque fois au cours de FAQ on m’a posé ces questions : tu es orpheline parce qu’on ne voit jamais ta famille? En dehors des réseaux tu as des amis parce qu’on ne les voit jamais en story? Et la fameuse « ah mais tu n’es pas célibataire on ne le voit jamais ! » après avoir partagé la photo avec mon copain. Ces questions m’ont amusé mais elles m’ont aussi poussé à me demander quelles étaient les limites du partage de notre intimité sur Instagram.




On ne vous a pas tout dit sur jusqu’où va le partage sur les réseaux sociaux? 


À contrario de ce qu’on pourrait penser, je suis plutôt quelqu’un de privé. Entre le moment où je vis une émotion ou une situation et le moment où je le partage j’ai examiné la chose au moins un million de fois. 


Je partage souvent un événement qui est arrivé dans ma vie qu'une fois que j’ai réussi à le résoudre et ne demande que très peu souvent de l’aide. 

Mais avec l’essor des réseaux sociaux il y’a une tendance dangereuse qui se met en place : on se sent obligé de partager avant que quelqu’un d’autre ne le fasse. Un partage qui pourrait changer notre vision des choses, notre façon de faire et de penser. Voyez-le comme ça : c’est beaucoup plus facile de dire sur les réseaux qu’aujourd’hui est un jour sans, plutôt que de devoir face à la caméra et expliquer pourquoi quelqu’un nous a vu en larme seule au cinéma. 

La limite est pourtant explicite dans cette situation : doit-on réellement expliquer pourquoi on est triste? Pourquoi on ressent ce qu’on ressent? 


La vérité est qu’on ne doit rien à personne. Que ce qu’on partage est un choix propre. L’information est un privilège, pas un droit. Et parfois Instagram me fait peur. Je ne suis ni Kim Kardashian ni Caroline Receveur. Et pourtant j’ai souvent ce sentiment que ma vie appartient au réseau et culpabilise parfois de ne pas partager. Mais arrive un moment où nos story appartiennent plus aux autres qu’à nous. Et c’est là qu’on dit stop. 



Juste parce qu’un événement à lieu ne signifie pas qu’on doive le partager. La protection de son intimité, chacun le gère comme il le souhaite : en s’ouvrant à sa communauté ou en le gardant pour lui. Ce qu’on appellera « les autres » (aka les inconnus) n’ont pas à y avoir accès ni même à donner un avis sur cette intimité. 

Et à force de partager on perd cette capacité à vivre le moment, on oublie ce qu’est l’intimité voire viole certains oubliant trop souvent que personne ne leur en a donné l’autorisation.


Vos souvenirs, vos émotions, vos questionnements n’appartiennent qu’à vous et à vous seul.

Personne n’a un droit absolu dessus. La limite est telle que vous l’avez décidée et dessinée. 

Faites ce qui vous remplit, vous fait vibrer. N’oubliez jamais que les story, les photos aussi réelles et naturelles qu’on le souhaite, restent et resteront une forme de marketing. Vous êtes le seul maître de votre histoire.



0 vue

©2020 by @anadasilv